6. La surestimation de la problématique du pouvoir. Sans nier l’existence de rivalités (de personnes, de points de vue…), les anxiétés paranoïdes sont souvent exacerbées dès que des divergences se manifestent. Le jugement d’attribution « manifestation de pouvoir », porté précocement, ne rend pas toujours compte de l’expression d’une simple « véhémence » (pour reprendre le terme de Winnicott) témoignant de l’attachement – peut-être provisoire – à une position. La confusion entre véhémence et agressivité est alors fréquente, même si une distinction claire entre ces deux expressions n’est pas toujours évidente. La France, de mon point de vue, est l’un des pays occidentaux où la sensibilité aux phénomènes de pouvoir (qu’attestent par ailleurs les innombrables publications en sciences sociales à ce sujet) est la plus manifeste (Amado Faucheux et Laurent, 1991), partiellement en raison de traditions centralisatrices qui stimulent l’alternance entre dépendance et contre-dépendance (Crozier, 1970) bien davantage que l’interdépendance.
L’analyste de groupe Dennis Brown (1985, p. 79-80) résume ainsi, avec une sévérité discutable, la critique qu’il adresse à Bion : « Ses conclusions pourraient bien provenir des conditions qu’il avait imposées, en particulier son style caractérisé par la distance et la provocation des frustrations, privilégiant les aspects malsains, psychotiques et dépersonnalisés du fonctionnement d’un groupe », allant même jusqu’à considérer ses hypothèses de base peu pertinentes au sein des groupes thérapeutiques. Selon lui, « ce sont des phénomènes courants dans les situations hostiles à un dialogue libre et ouvert » telles qu’on peut les rencontrer dans les groupements à caractère rigide. De plus, Bion opérerait une séparation trop nette entre le conscient et l’inconscient, l’individu et le groupe car, « dans un groupe, les membres peuvent, à des niveaux divers de conscience et de régression, selon leurs besoins et leurs préoccupations, résonner face aux événements » (Bion, 1965, p.?79).
L’un des premiers problèmes surgissant est l’absence d’une discussion du concept d’autonomie, non seulement de manière générale, mais en particulier sa présence dans les théories psychanalytiques étudiées et dans la pratique qui s’en réclame. Car il ne nous est pas proposé uniquement une analyse des discours sur l’individualisme, puisque l’auteur démontre un réel intérêt à établir que l’inquiétude décrite est intrinsèque à la démocratie. L’auteur fait l’hypothèse que la psychothérapie d’orientation analytique joue un rôle dans l’instillation de cette peur, tout en cherchant à y répondre. On peut voir dans l’enquête d’Ehrenberg des différences majeures dans les objectifs que se donnent les thérapeutes américains par rapport à leurs homologues français. On peut interpréter le contraste ainsi : les premiers ressentent le besoin de guider les individus en cure à renforcer leur self reliance et une certaine autonomie, avec le projet de leur permettre une participation démocratique à la société, pour les seconds l’heure est plutôt à la dénonciation d’une situation où les individus se trouvent contraints par un discours hétéronome astreignant chacune et chacun à la réalisation de soi par soi-même. Ces démarches ne situent et ne conçoivent pas les ressources de la même façon. L’individu américain possèderait des ressources qu’il ne parvient pas toujours à mobiliser et le rôle du thérapeute est de l’aider à les percevoir, tandis qu’en France, peu de capacité d’action étant concédée aux individus, l’injonction à l’autonomie deviendrait mensongère et tromperait les personnes en les chargeant d’une responsabilité qui ne leur reviendrait pas. La capacité d’action serait « à l’extérieur de l’individu », dans les institutions, souvent réduites à l’État. On voit que l’on retrouve ici une perspective individualiste, opposant l’individu à la société. Ehrenberg semble cependant accepter comme un fait l’idée que la démarche psychothérapeutique serait ce qu’elle dit d’elle-même, c’est-à-dire un programme démocratique.
Étant toujours inscrit dans des rapports sociaux, le travail est l’objet de tensions, de débats et de conflits, le fruit de représentations individuelles et sociales qui s’entrechoquent. De plus, le travail n’est pas la « tâche première » (primary task), comme la confusion existe souvent à ce sujet. La tâche première correspond en effet à la prescription, définie le plus souvent par la hiérarchie. Le travail, c’est l’activité mise en œuvre concrètement pour tenter de réaliser la prescription (Amado et Lhuilier, 2011), et une telle tentative nécessite la créativité des travailleurs (à tous les niveaux d’une organisation) qui implique, le plus souvent, une transgression des règles et procédures. En effet, les meilleures prescriptions du monde ne peuvent anticiper les imprévus, les failles, les insuffisances que le réel dévoile et impose (Clot, 2009 ; Dejours, 2009 ; Lhuilier, 2006a).
Les chocs psychiques issus d’une attaque terroriste ou d’un drame accidentel nécessitent une prise en charge spécifique et la réparation des conséquences traumatiques qui en découlent. Les attentats comme tous les drames vécus par les victimes et leurs proches occasionnent, en effet, des blessures physiques et des blessures psychiques individuelles ou collectives, immédiates ou différées, aiguës ou chroniques.
Dans son livre « L'univers irrésolu, plaidoyer pour l'indéterminisme », Karl Popper, démontre, l'impossibilité pour toute forme de déterminisme absolu et aprioriste (prima faciae), qu'il nomme « déterminisme scientifique », d'avoir une quelconque valeur explicative, descriptive, et prédictive. Pour Popper, cette forme de déterminisme, n'est absolument d'aucune utilité pour la science car elle ne peut avoir strictement aucune valeur explicative. Voici comment Popper définit le déterminisme aprioriste et absolu dans ce même livre, Pages 25 et 27 : « On peut décrire ce que j'appelle le caractère prima faciae déterministe de la physique classique le plus aisément en prenant appui sur le Démon de Laplace. (...) Laplace introduit (...) la fiction d'une intelligence surhumaine, capable de déterminer l'ensemble complet des conditions initiales du système du monde à un instant donné, quel qu'il soit. A condition de connaître ces conditions initiales, ainsi que les lois de la nature (les équations de la mécanique), le Démon serait en mesure, selon Laplace, de déduire tous les états futurs du monde. A condition, par conséquent, que les lois de la nature soient connues, le futur du monde serait implicite dans chaque instant de son passé. La vérité du déterminisme serait donc établie. (...) J'introduis cette désignation afin de caractériser certains aspects de la théorie de Newton, de Maxwell, ou d'Einstein, par opposition à d'autres théories connues comme la thermodynamique, la mécanique statistique, la théorie quantique, et peut-être aussi la théorie des gènes. Je suggère la définition suivante : Une théorie physique est prima faciae déterministe si et seulement si elle permet de déduire, à partir d'une description mathématiquement exacte de l'état initial d'un système physique fermé décrit dans les termes de la théorie, la description, avec n'importe quel degré fini de précision stipulé, de tout état futur du système. Cette définition ne requiert pas des prédictions mathématiquement exactes, mêmes si les conditions initiales sont supposées être absolument exactes. »
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Cet article vise à explorer les processus psychiques au sein des groupes de travail au-delà des théories de Bion et de Pichon-Rivière. Si nous nous référons à ces deux auteurs, c’est pour deux raisons majeures. La première, c’est qu’ils figurent parmi les rares psychanalystes qui ont développé, à partir des groupes de formation et de thérapie, une théorie et une pratique susceptibles d’éclairer, selon eux, la dynamique de tout groupe de travail. En second lieu, force est de constater que leur audience, près de cinquante ans après leurs premiers travaux, est toujours aussi considérable, non seulement auprès des cliniciens du groupe du monde entier mais également – grâce aux nombreuses formations qui s’en réclament – pour les travailleurs sociaux, enseignants, managers et responsables en tous genres. En effet, alors que l’étude des groupes opératoires (« grupos operativos ») par Pichon-Rivière et ses disciples est surtout mise en œuvre en Amérique latine et en Amérique centrale (Fabris, 2007, Tubert-Oklander et Hernandez de Tubert, 2004), des séminaires de « group relations » qui s’inspirent de la théorie et de la pratique de Bion se déroulent bien au-delà du seul monde anglo-saxon (France, Italie, Israël, Turquie, Hollande, Bulgarie, Suède…).
Au sujet des positions de Freud sur le déterminisme, le nombre et le contenu même des citations révélant les options sans équivoque de Freud, a pour objectif de démontrer à quel point il tenait à cette version du déterminisme qu'il défendra avec âpreté jusqu'à la fin de sa vie. (Sur ce point précis, Frank Sulloway, écrit dans « Freud biologiste de l'Esprit », Fayard, p. 87 : « Dans le travail scientifique auquel il consacra toute sa vie, Freud se caractérise par une foi inébranlable dans l'idée que tous les phénomènes de la vie, y compris ceux de la vie psychique, sont déterminés selon des règles inéluctables par le principe de la cause et de l'effet. (...) Qui plus est, que les réponses du patient fussent vérité ou fantasme, elles étaient toujours déterminées psychiquement, comme Freud l'expliquait devant la Société de psychanalyse de Vienne en 1910. »).
— D’un point de vue économique, l’image du corps familial travaille l’énergie psychique de ses membres autour du pôle isomorphique pour fédérer un moi psychique groupal dont l’axe gravitationnel serait l’origine commune d’un même corps ancestral. En retour, l’image du corps familial recharge libidinalement les Moi de chacun de ses membres. Ils en ressentent une plus grande force et confiance de soi face aux dangers de la réalité extérieure et de l’étranger. Elle surinvestit de certitude le lien d’attachement au groupe familial et déplace dans l’espace intersubjectif la conflictualité.
Les médiums offrent un service à l’instar de toute autre entreprise. Vous payez pour des visites chez le médecin, des coupes de cheveux, un entretien mécanique et une peinture de la maison, alors pourquoi pas des lectures psychiques ? Même les artistes et les concepteurs exigent un tarif pour engager leurs services. Le fait que les médiums offrent un service spirituel et s’appuient sur un cadeau dont certaines personnes sont sceptiques n’enlève rien au fait qu’ils dirigent ou font partie d’une entreprise.
Le deuxième accès à l’image du corps familial se jouerait sur l’axe synchronique du «?ici et maintenant?» à travers les interrelations de contenant spatiaux que représentera le dessin d’une maison imaginaire rassemblant toute la famille (Cuynet P., 1996, 2002, 2007, 2010). Toujours tiré d’une pratique psychothérapique familiale, c’est devenu une vaste recherche, non encore terminée, pour aboutir à une épreuve projective groupale spécifique à la famille. Nous souhaitons que cette épreuve puisse aider rapidement les psychologues à évaluer certaines fonctionnalités de la famille. Nous partons de l’hypothèse que le corps familial serait en étayage sur l’habitat réel selon ses propres failles fantasmatiques. L’investissement libidinal de l’espace familial est créé par la projection de l’image du corps groupale. Ainsi le sentiment de familiarité, que l’on trouve dans la notion de chez soi, ne peut-il s’établir que lorsque chacun a pu y déposer une partie fondamentale et syncrétique de son corps familial. C’est-à-dire un sentiment de continuum temporo-spatial générateur de sécurité. Notre habitat s’offre comme «?objet trouvé créé?» pour la projection d’un moi-peau périphérique (Anzieu D., 1993), qui délimite un dehors et un dedans, espace intériorisé qui contient nos pensées sous forme d’objets psychéisés. Par cette fonction de pare-excitation, l’habitat a une délégation de protection de notre intimité chaque fois que nous le quittons. Nous comprenons mieux alors en quoi le cambriolage est souvent vécu comme un viol psychique pour «?l’habitat intérieur?» défini par A.?Eiguer (1983, 2004).

Dans ce dernier cas – de dépendance à une autorité –, il nous semble que les hypothèses de base de Bion comme les anxiétés décrites par Pichon-Rivière (ou leur simulacre) peuvent être à l’œuvre de façon dominante. Les comportements manipulateurs de la part de figures d’autorité sont par ailleurs, dans ce domaine, ceux qui peuvent susciter les anxiétés les plus profondes. Même s’il convient de reconnaître que ces situations sont loin d’être exceptionnelles, nous voudrions ici aborder les processus et problèmes les plus communs aux groupes de travail lorsqu’ils sont conduits (collectivement ou par un responsable) de manière « démocratique » (au sens lewinien du terme). Si, comme le dit Dominique Lhuilier (2006b, p.?226), le travail est la scène où se jouent simultanément et dialectiquement le rapport à soi, le rapport à autrui et le rapport au réel, on peut avancer que les groupes de travail sont des lieux où peuvent se produire, au mieux :
Les questions que vous pouvez demander, cependant, sont souvent limitées à des types « Oui » et « non ». En d’autres termes, vous ne serez pas en mesure d’avoir une lecture psychique complètement gratuite. Cela ne veut ne pas dire qu’ils ne vous donneront pas d’informations supplémentaires, mais ça sera limité à cette facette de votre vie. Les questions que les gens demandent habituellement sont comme celles-ci :
Même au sein des psychanalystes des voix s'élèvent sur le danger du sectarisme de la psychanalyse, lié au fait que, en France, les différentes écoles sont organisées en associations loi 1901 ce qui permet d'empêcher les voix divergentes d’une doctrine de s’exprimer. En plus le coût de la formation étant élevé et l’enseignement limité à quelques grandes villes, l’accès à la formation est difficile.

Pour la psychiatrie organiciste, la psychanalyse est un produit de l'imagination de Freud et de ses successeurs. En effet, selon les travaux des « Freud scholars », ce dernier, depuis ses débuts jusqu'à la fin de sa vie, n'aurait jamais admis de témoin indépendant dans son cabinet (au contraire de certains de ses plus éminents premiers modèles tels Charcot) ni de contrôle extra-clinique et reproductible de ses théories, en rejetant de manière explicite la méthode expérimentale, dans une réponse à Rosenzweig85.
Pour comprendre le fonctionnement d’un groupe de travail, on ne peut donc faire abstraction de son environnement et du rôle que celui-ci joue dans les phénomènes observés. Cette remarque a déjà été formulée maintes fois, en particulier par les critiques des séminaires de dynamique de groupe. Souvenons-nous, à ce sujet, de la dénonciation des groupes « en roue libre » par Elliott Jaques (1995), de la critique des groupes d’évolution par André Lévy (1972) et les théoriciens français de l’analyse institutionnelle (Lapassade, 1967). Faute de prendre en compte les éléments du contexte, le risque est énorme d’une psychologisation du social, d’interprétations essentiellement psychologiques des phénomènes sociaux et psychosociaux.
En fin de compte, me rapprochant en partie de Brown, et à travers mon expérience des groupes [1][1] Après avoir participé à de nombreux groupes de formation..., il me semble que les hypothèses de base conçues par Bion sont avant tout sollicitées par son dispositif. C’est d’ailleurs ce que laisse entendre Rouchy (1986, p. 115) lorsqu’il déclare : « La dynamique des processus décrits par Bion dans leur dimension groupale […] ne saurait sans doute être comprise indépendamment du dispositif institué. » Ce qui n’enlève rien, bien entendu, à leur valeur heuristique, à condition toutefois d’en limiter la portée. Tout dispositif opère en effet une coupe de la réalité, permet d’en appréhender une partie et en occulte nécessairement d’autres aspects.
Au-delà des notions que j'avais déjà vues en géobiologie, cet ouvrage présente tout un éventail des possibilités qui s'offrent à nous pour explorer l'invisible, et surtout pour nous explorer nous, et nos capacités cachées. Il est écrit très simplement, facilement compréhensible, avec à la fois des "études de cas" (mais relatées peut être un peu trop simplement et rapidement) et des exercices à faire à la maison. Bref, un bouquin assez complet, qui n'insiste cependant pas assez sur le fait qu'il faut beaucoup, beaucoup travailler pour arriver à quelques résultats... Très instructif!

Vous ne le savez peut-être pas, mais vous pourriez très bien posséder des capacités psychiques latentes — la plupart des gens les ont déjà et ne le savent pas, ou choisissent de l’ignorer. En développant ces talents cachés de clairvoyant, vous pouvez économiser sur les lectures psychiques tout en apprenant davantage sur votre avenir. Si vous croyez avoir des capacités psychiques, affinez votre artisanat à travers la méditation et en prêtant attention à ces petits éclats d’intuitions qui vous donnent un aperçu clair sur des informations que vous « ne devraient pas » savoir.
Nous pouvons comprendre pourquoi le bébé devient l’objet narcissique privilégié des parents et des familles, pourquoi les familles tiennent à rassembler tous leurs membres durant certaines réunions et cérémonies rituelles afin d’évaluer leur esprit de famille, et pourquoi elles se cherchent un lieu bien défini et investi pour pouvoir être contenues?; c’est-à-dire la maison (Eiguer A., 1983, 2004). Le corps familial prend appui sur le groupe des corps individuels, c’est dans leur réunification favorisée par des moments régressifs qu’il se régénère. Selon beaucoup d’auteurs, le fond psychique est souvent défini d’une nature groupale et syncrétique, les parties non-Moi du Moi de J.?Bleger (1979), comme les noyaux agglutinés de Donald Meltzer (1975), les noyaux psychotiques de W. Bion (1962) ou encore les groupes internes de René Kaës (1993). Le fonds syncrétique de la psyché se construit simultanément sur le substrat pulsionnel individuel mais aussi dans le lien intersubjectif de la mère soutenue et contenue elle-même par l’enveloppe groupale du corps familial.

La démarche exposée dans l’ouvrage se veut comparative. Il s’agit de profiter des différences qu’offrent les individualismes américain et français, qui ont des conceptions contrastées de l’autonomie. L’enjeu pour lui est d’aborder autrement le mythe de l’affaiblissement du lien social. L’auteur utilise ses sources comme autant de « récits » mettant en scène une inquiétude propre aux sociétés démocratiques et permettant de mettre en lumière le contraste de ces deux variantes de l’individualisme. Au niveau sociologique, l’intérêt n’est pas la mise en évidence d’une vérité, mais plutôt l’analyse des succès et insuccès de ces récits. Au niveau épistémologique, Ehrenberg critique ces descriptions individualistes « qui restent prisonnières d’une psychologie collective qu’elles reproduisent au lieu de la mettre à distance » (Ehrenberg 2010, p. 25). Et pour l’auteur, la question posée par les pathologies narcissiques appartient aux sujets qui fâchent : l’individualisme est-il un poison qui tue l’individu et la société ? Ehrenberg cherche dans ce livre à montrer que la croyance dans une montée de l’individualisme qui engendre un affaiblissement du lien social est un « trait naturel de la démocratie qui répond à des nécessités pratiques et non à un mal qui la détruit inexorablement. » (Ehrenberg 2010, p. 26). Il rejoint sur ce point l’analyse qu’Alexis de Tocqueville avait faite au 19e siècle1.
Freud propose une explication spéculative exclusivement psychologique (non organique) des névroses et des psychoses, qu'il ancre, tout comme le développement psychique général, dans le développement de la sexualité infantile et de ses éventuels conflits : les symptômes névrotiques deviennent ainsi l'expression (symbolique) de conflits inconscients. Non seulement cette action symbolique présumée ôte toute signification aux symptômes mais jette aussi les bases d'une exégèse délestée de la réalité, retrouvant ainsi toujours la théorie dans les faits.[réf. nécessaire]
Dans un contexte où les demandes de compensation des personnes vivant avec des troubles psychiques sont difficiles à appréhender, les équipes pluridisciplinaires des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) ont exprimé le besoin de développer leurs connaissances de ces troubles, de leurs conséquences dans la vie quotidienne des personnes, des professionnels à mobiliser et des dispositifs à actionner afin d’améliorer l’élaboration de leurs réponses de compensation.
Mais Jacques Bouveresse62 avance que, en s’appuyant (notamment) sur la critique du « déterminisme scientifique » élaborée par Karl Popper, les théories freudiennes supposées détenir une valeur explicative, ne pourraient en réalité fournir les causes aussi strictes impliquées par l’affirmation d’un déterminisme psychique absolu et aprioriste (prima faciae), et, encore moins, donner lieu à de quelconques prédictions sur le psychisme humain, puisque la capacité revendiquée par Freud de fournir les causes d’un phénomène implique logiquement celle de pouvoir les prédire.
Déterminer un taux d’incapacité et être en mesure de proposer des solutions adaptées relève des missions de l’équipe pluridisciplinaire. Elle doit pouvoir définir l’autonomie de la personne en fonction de ses déficiences et de leurs retentissements dans sa vie quotidienne et sociale (limitation d’activité et restriction de participation à la vie sociale). Le diagnostic seul n’est donc pas suffisant : à pathologie identique les retentissements ne sont pas les mêmes d’un individu à l’autre.

la capacité de transformation opératoire (des propos, des associations d’idées, des affects). Elle est un complément important à la simple empathie dès lors qu’un objectif est en vue. Cette capacité (qui peut se traduire par des formules telles que : « Si je suis ton idée, cela pourrait nous conduire à… »), à condition de ne pas en faire un usage trop systématique, représente une sorte d’antidote aux plaisirs analytiques, dialectiques et langagiers immodérés. Elle est proche de la capacité à transformer les expériences, évoquée par Lawrence, Bain et Gould (1996) ;
Pour Ehrenberg, les souffrances dites psychosociales sont rassemblées sous le terme « malaise » par des discours critiquant la société contemporaine comme moins sociale, plus « individualiste ». L’auteur propose de prendre en compte cette peur comme un « trait » de nos sociétés, mais de la dépasser dans une démarche de sociologie de l’individualisme. Pour lui, ces critiques sont précisément individualistes. Il différencie un travail sur les individus, c’est-à-dire une « sociologie des individus », d’une « sociologie individualiste » qui ne parvient à concevoir l’individu que dans un antagonisme qui l’oppose à la société. Et il rappelle que le personnel n’est pas le psychologique, ni le privé et que « ce n’est pas parce que la vie humaine apparaît plus personnelle aujourd’hui qu’elle est moins sociale, moins politique ou moins institutionnelle. Elle l’est autrement » (Ehrenberg 2010, p. 15). Il critique ainsi la confusion qui règne selon lui dans les sciences sociales sur les règles gouvernant dans toute société la part de l’impersonnel et du personnel : « Il n’y a du personnel et du subjectif que parce qu’il y a d’abord un monde de significations impersonnelles cohérentes sans lesquelles la subjectivité serait tout simplement inarticulable » (Ehrenberg 2010, pp. 15-16). La première hypothèse de l’auteur est ainsi que ce à quoi nous assistons n’est donc pas la croissance d’un pôle « individu » versus un pôle « société » mais des transformations dans les règles sociales et l’esprit des institutions avec l’apparition de nouveaux idéaux de l’action, qui donnent une valeur nouvelle à l’autonomie.
En effet, pour réfuter l'hypothèse centrale de la psychanalyse qui affirme que le refoulement des pulsions ou traumas dans l'inconscient est la cause de certains troubles ou certains actes non intentionnels, il faudrait pouvoir montrer que dans certains cas, l'arrivée à la conscience des souvenirs traumatiques incriminés (fin ou absence du refoulement) n'entraîne pas la disparition des troubles. Or, c'est impossible, puisqu'il est toujours possible d'affirmer que les troubles persistent à cause de résidus inconscients « non liquidés » qui sont par nature impossibles ou difficiles à atteindre29.
On remarque ici que Freud parle de « certaines » insuffisances et actes, donc, à priori, pas « toutes » les insuffisances et actes. L'on pourrait croire, par conséquent, que le postulat célèbre du déterminisme psychique absolu ne s'appliquerait que dans certains cas concernant la causalité psychique et non dans tous les cas. Autrement dit que l'individu n'est pas, selon Freud, entièrement soumis au principe du déterminisme qu'il propose. Mais après la lecture des diverses citations qui vont suivre, aussi et surtout de l'avis même d'un psychanalyste de renom, en la personne de Pierre-Henri Castel, l'on s'apercevra qu'il n'en est rien, considérant le fait que toute la thérapie psychanalytique ne s'intéresse qu'au psychique qui s'exprimerait par le biais des « associations libres » du patient...

40Pourtant, depuis la création de la clinique au décours de XIXe siècle, la psychiatrie publique est dans notre pays restée très présente dans la prison, avec la mise en place des secteurs médicopsychologiques régionaux depuis les années 1970 et surtout dans son rôle moteur pour la mise en place de la loi de 1994, qui fait que les hôpitaux remplissent toutes les missions de soins dans les établissements pénitentiaires. Depuis 1994, le secteur de psychiatrie générale intervient dans de la prison au titre de ses missions régulières et les SMPR ont la possibilité d’admettre des détenus présentant des troubles mentaux pour autant qu’ils soient consentants quand ils relèvent d’un établissement de leur région de rattachement. Il conviendrait manifestement de conforter le dispositif de soins psychiatriques actuels dans son intervention dans la prison sans pour autant se cacher les difficultés qu’amènera la pénurie à venir dans le dispositif de soins de secteur. Assurer une meilleure liaison fonctionnelle entre les secteurs de psychiatrie générale, les UMD, les UHSA et les SMPR sera une obligation dans ces prochaines années.
Les propres affirmations du Freud, paraissent s'accorder avec les critiques de Borch-Jacobsen et Shamdasani dans « Le dossier Freud enquête sur l'histoire de la psychanalyse », page 334–335, où, après avoir décrit les « mensonges », les « assertions trompeuses », les « équivoques stylistiques » et les « silences intéressés », les auteurs soutiennent que : « […] Freud n'est plus un témoin fiable. Ou plutôt, il n'est qu'un témoin parmi d'autres, particulièrement douteux et partial étant donné les multiples bénéfices théoriques, pratiques, économiques et institutionnels qu'il retire de ses témoignages », et surtout qu'il n'aurait bâti qu'une « science privée » et « légendaire », en dehors de tout contrôle indépendant, donc selon une démarche diamétralement opposée à la vraie science.
De plus en plus d'analyses et de recherches publiées à orientations historiques et épistémologiques mais aussi thérapeutiques92, remettent en question les résultats et la validité des méthodes employées par Freud, ses effets thérapeutiques, mais aussi, la probité scientifique et morale de celui-ci. Selon Mahony, « Dora », aurait été traumatisée deux fois : par son agresseur, puis par son thérapeute (Freud) :
Les questions la vie nous puzzle tous et de temps en temps nous nous demandons s’il y a des réponses à trouver pour nous progresser sur la bonne voie pour nous amener à nos désirs et objectifs. A la recherche de ces réponses peut impliquer beaucoup de réflexion et la conscience de soi et parfois il peut impliquer les compétences et les capacités des autres.
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