Si c'est donc bien l'ensemble des associations verbales, [ou non verbales comme des dessins ou des œuvres d'art] que la psychanalyse se propose d'expliquer à l'aide de ses lois causales strictes, en tant que ces associations seraient appréhendées comme « libres », alors il est nécessaire pour la psychanalyse de disposer d'une théorie fondée sur un tel déterminisme permettant d'appréhender, « a priori et sans aucun risque d'erreur puisqu'elle exclut le hasard », le libre jeu apparemment indéterminé et libre de toutes les associations verbales ou non verbales que peut faire le genre humain. D'après Karl Popper, et aussi Jacques Bouveresse60, aucun déterminisme de ce type, ne peut en réalité, permettre à la psychanalyse ou même à tout autre doctrine de réaliser les objectifs qu'elle se donne que ce soit sur le plan théorique, ou thérapeutique.
10La médicalisation de la responsabilité est antérieure à la naissance de la psychiatrie en tant que spécialité médicale dans « La philosophie de la folie » du trop méconnu Joseph Daquin de Chambéry, parue en 1791, ou le traité fondamental de J.C. Reil « Rhapsodie sur les méthodes de thérapeutique psychique applicables aux troubles mentaux » où pour la première fois le terme de « psychiaterie » est employé en 1803. Au XVIIè siècle, Zacchias, médecin légiste, revendique effectivement un examen médical pour chaque fou ainsi qu’une exonération de peine rendant possible des soins. Pinel et les révolutionnaires de 1789 avaient déjà attiré l'attention des médecins sur les aliénés criminels à leur sens trop négligés par la médecine et la psychiatrie : «  Ces aliénés loin d'être des coupables qu'il faut punir, sont des malades dont l'état pénible mérite tous les égards dus à l'humanité souffrante »… « Les aliénés qui jusqu'alors ont été traités beaucoup plus en ennemis de la sécurité publique qu'en créatures déchues dignes de pitié doivent êtes soignés dans des asiles spéciaux »8. Pinel propose un « traitement moral » de l’aliénation… au moment où le droit pénal approfondit la notion d’élément moral des infractions9… Esquirol et Georget affirment la folie en tant que maladie sans en oublier les passages à l’acte médicolégaux : « Les passions arment une main homicide…, les aliénés attentent à la vie de leur semblable ; les uns devenus très susceptibles, très irritables, dans un accès de colère, frappent, tuent les personnes qui les contrarient ou dont ils croient être contrariés ; ils tuent les personnes qu'ils prennent à tort ou à raison pour des ennemis dont il faut se défendre ou se ranger, les autres trompés par des illusions des sens ou des hallucinations, obéissent à l'impulsion du délire »… « Quelques-uns tuent, motivent leur affreuse détermination, raisonnent leur action et ont la conscience du mal qu'ils commettent. Quelques autres sont des instruments aveugles d'une impulsion involontaire, instinctive qui les pousse au meurtre »… Depuis la naissance de la clinique, comme en témoignent ici les écrits d'Esquirol et Georget, le problème des passages à l'acte criminels des malades mentaux s'est toujours posé en psychiatrie10. C’est dans ce contexte que Georget développe en 1825 le concept de monomanie homicide et avance l’impérieuse nécessité d’une expertise psychiatrique pour évaluer la responsabilité pénale de tout criminel. La monomanie sera balayée cinq ans après ; mais depuis, une expertise psychiatrique est réalisée dans chaque affaire criminelle.

2Le « lieu de l’inconscient », titre choisi pour la traduction, ne rend pas compte de l’ambition de l’auteur qui est de traiter la question de l’origine de la vie psychique. « Origines » est le titre en anglais, traduisant là l'inaccessible de l’éclaircissement d’un des mystères de l’homme et donc de sa nécessaire mise en question. Cet ouvrage reprend ses travaux précédents1 et les ouvre à la psychanalyse anglaise. L’auteur, qui s’inscrit dans un courant de pensée de la philosophie analytique, dans la lignée d’auteurs comme Freud, Jung ou même Lacan, avait démontré la validité de l'inconscient freudien par une approche philosophique. Ici il l'ouvre à une approche radicalement processuelle du psychisme. Le sujet ne se pense pas sans un autre qui le fonde. L’auteur s’intéresse ainsi à ce qui est au fondement, à la genèse de l’humanité.

Il y a ceux qui croient que les premières sculptures runiques étaient des symboles plus magiques utilisés comme charmes qu’un alphabet écrit. Bien qu’il soit difficile de trouver des preuves claires de l’utilisation de l’ancien alphabet runique aux fins de divination, de nombreux praticiens modernes des vieilles religions nordiques utilisent les pierres taillées à cet effet. Les pierres sont taillées avec des symboles nordiques et sont jetés sur un chiffon qui divise la lecture dans certaines zones. Chaque zone a une interprétation spécifique qui se combine avec l’interprétation du symbole sur une pierre qui atterrit dans sa région, en fournissant un contexte pour la lecture.
Les travaux sociologiques d’Ehrenberg sur le rôle de la psychiatrisation de la souffrance et des discours qui l’accompagnent et ceux du psychiatre psychanalyste Castel semblent a priori appartenir au même champ de recherche, celui de l’histoire des savoirs et des pratiques autour de la psyché. Mais bien que les deux auteurs soient membres du même centre de recherches et contrairement à ce qu’une lecture trop rapide des quatrièmes de couverture des deux ouvrages pourrait laisser croire, La société du malaise et L’esprit malade représentent des démarches fort différentes. C’est pourquoi j’aborderai les ouvrages séparément dans un premier temps, et discuterai ensuite de quelques questions qu’ils suscitent.
Dans son livre La Psychanalyse à l'épreuve, le professeur Adolf Grünbaum étudie l'efficacité revendiquée par Freud de sa méthode d'interprétation des rêves, à partir des associations libres des patients, pour valider ses théories sur le refoulement inconscient66. Grünbaum propose que Freud échafauderait des inférences fallacieuses, lesquelles ne lui permettraient pas de mettre en évidence le refoulé dans le rêve de manière satisfaisante. Le principal reproche fait à Freud par Grünbaum, est de n'avoir jamais donné de confirmation clinique indépendante pour ses thèses sur le refoulement dans le rêve, confirmations qui ne soient contaminées par les attentes théoriques de Freud67. Grünbaum en conclut à l'effondrement total de l'étiologie psychanalytique, lequel ruinerait radicalement la pertinence de la méthode d'investigation de l'association libre dans la conduite de l'enquête étiologique. Car Freud, explique Grünbaum,
↑ Jung lui-même rappelait l'aspect toujours « théorique » de l'inconscient, dont il donne la définition lui-même : « Centre obscur auquel le terme d'inconscient a seulement la prétention de faire allusion. En lui-même, cet inconscient n'existe point, il n'est qu'une possibilité. » Cité par Gaston Bardet dans Freud et les Yogas, éd. de la Maisnie, Paris, 1991, p. 115.

39Il se pose aussi en France, comme dans tous les pays industrialisés, le problème majeur de la réponse aux délinquants présentant, en dehors de toute pathologie psychiatrique évolutive au sens clinique du terme, des troubles de la personnalité de type psychopathique, à l’origine de crimes et délits récidivants : comment pour ceux-ci punir et soigner aux limites des connaissances thérapeutiques et en respectant éthique et déontologie ?
Enfin, que la santé soit aujourd’hui le terrain d’expression des valeurs d’une société, surtout lorsqu’elles sont contrariées, ne doit pas nous surprendre. Dans une société d’individus se représentant comme autonomes, les bénéfices à appréhender un écart de la norme comme une maladie sont considérables. Et nous devons, au sens littéral, les considérer. Car cela n’est pas sans lien avec nos représentations des maladies. Quand ce n’est plus une punition de(s) dieu(x) mais un dysfonctionnement sur lequel nous croyons pouvoir trouver prise grâce à la science et qui nous arrive sans l’intervention de la responsabilité du sujet « atteint », comme un assaut extérieur contre lequel nous nous battons, son attribution à une pathologie est utile. La maladie fait sens et permet des rapports sociaux répondant aux exigences de nos institutions. Et faire cette analyse n’en constitue pas un jugement. Pour une démarche critique, parviendrons-nous à introduire un processus d’émancipation collectif de l’expertise scientifique qui conserve, malgré certaines tentatives, un fort pouvoir sur la définition de ce qui devient pathologie ou non ? Et permettre ainsi la démocratisation des savoirs psychique par l’exercice de l’autonomie ?
Nous attirons aussi votre attention sur la prudence nécessaire à l’établissement d’un diagnostic, hormis dans les cas de décompensations aiguës, sachant que même dans ces cas-là, ce n’est pas évident pour une équipe médicale de différencier un état de crise ponctuel (comme une bouffée délirante aiguë), qui restera unique, d’une entrée dans une pathologie sur la durée (psychose de type schizophrénique par exemple). De nombreux psychiatres reconnaissent avoir besoin de temps pour être sûrs et certains d’un diagnostic. Préférez ainsi ces psychiatres prudents, à ceux qui « dégainent le diagnostic plus vite que leur ombre… » au risque de vous y enfermer, ou pire encore, de se tromper...
L’email est peut-être la méthode la plus pratique de communiquer avec un médium. Ça exige seulement le temps nécessaire pour taper vos questions et c’est incroyablement privé, ce qui est important si vous êtes gêné par votre question ou en communiquant avec un médium. C’est aussi une méthode efficace de clairvoyance ; Dixit un professionnel « vous pourriez être sur une île isolée, quelque part dans l’herbe un petit refuge, alors que je suis froid au sommet du Mont Everest. Notre séparation physique ne veut rien dire plus que cela : la séparation physique. L’étude scientifique de la physique quantique prouve que nous SOMMES connectés au niveau moléculaire. » (Source) Lorsque vous engagez des services psychiques, vous devez toujours vous rappeler que vous utilisez un service spirituel et l’esprit n’est pas lié par des limitations physiques.
La seconde hypothèse avancée par Ehrenberg est qu’il est nécessaire de dépasser l’idée selon laquelle la société engendre des souffrances. Le fait que les normes et les valeurs produisent des pathologies n’est pas nouveau. Ce qui aurait changé en revanche, c’est le statut de la souffrance : de raison de se soigner, elle serait devenue raison d’agir, avec pour conséquence que la santé mentale ne relèverait pas que de la santé publique — car on ne peut la couper de la vie sociale et d’une « attitude » sociale — mais d’un état d’esprit également. Pour soutenir sa thèse alternative, l’auteur se réfère à Marcel Mauss et à son article « L’expression obligatoire des sentiments » :
Une fois que votre lecture est terminée, il est à vous de mettre les informations que vous avez acquise à utiliser. Pour tirer le meilleur parti de l’avantage de la lecture, vous devez continuer à interpréter et à se livrer à ce qui a été dit. Retournez-le dans votre esprit et le garder dans vos pensées et votre compréhension de la signification de celui-ci permettra d’approfondir.
↑ Culture et Socialisme [archive], 3 février 1926. « La tentative de déclarer la psychanalyse « incompatible » avec le marxisme et de tourner le dos sans cérémonie au freudisme est trop simpliste, ou plutôt trop « simplette » ». Lettre à E. Bauer [archive], 10 octobre 1931. « Vous avez tout à fait raison de supposer que j'ai un peu mélangé l'école de base de la psychanalyse avec une branche divergente. Quant à l'élève ingrat, Alfred Adler, je le connais depuis des années, je l'ai fréquenté d'assez près en particulier par l'entremise de mon ami Ioffé. C'est alors que j'ai pris connaissance de divers ouvrages de Freud. Mais je dois avouer que j'ai toujours cru que c'était Freud qui avait jeté les bases de la théorie des handicaps surmontés, et qu'Adler n'avait fait que la développer par la suite. Mais je suis bien de votre avis : Freud est incomparablement plus profond et plus spirituel que cet Alfred Adler, limité et autosatisfait. » La Révolution russe [archive], novembre 1932. « L'anthropologie, la biologie, la physiologie, la psychologie ont rassemblé des montagnes de matériaux pour ériger devant l'homme dans toute leur ampleur les tâches de son propre perfectionnement corporel et spirituel et de son développement ultérieur. Par la main géniale de Sigmund Freud, la psychanalyse souleva le couvercle du puits nommé poétiquement "l'âme" de l'homme. Et qu'est-il apparu ? Notre pensée consciente ne constitue qu'une petite partie dans le travail des obscures forces psychiques. De savants plongeurs descendent au fond de l'Océan et y photographient de mystérieux poissons. Pour que la pensée humaine descende au fond de son propre puits psychique, elle doit éclairer les forces motrices mystérieuses de l'âme et les soumettre à la raison et à la volonté. »
Pourtant, faisons une remarque sur la fascination que représente le corps individuel pour tout groupe, y compris pour la famille. C’est sous l’égide de son image unitaire que le corps singulier serait un attracteur de condensations pour le groupe. Ce que le sujet testera lui-même un peu plus tard dans l’expérience de la phase spéculaire du miroir décrit par Jacques Lacan (1966). Cette figuration d’unicité présentée par l’image du corps de l’individu, c’est ce que tout groupe cherche à ressentir pour lutter contre l’angoisse d’éclatement de fragmentation face à sa multitude. Puisque les groupes manquent de corps, selon René Kaës (1976) et Didier Anzieu (1984), grâce aux processus métaphoro-métonymiques ils se nourrissent du corps de leurs membres constituants pour créer une illusion de corps commun immortel. Bien que la cellule familiale génère du corps, comme tout groupe, elle n’est pas exempte d’angoisse de déperdition de sa masse vitale corporelle qui porterait atteinte à son narcissisme de base. Cela se produit dans les situations de crise, de maladie ou de mort d’un de ses membres. Et particulièrement si c’est un enfant qui est concerné, car c’est un projet de vie, une prolongation narcissique dans le futur qui disparaît. La fonction de constituer une famille sera comprise dans la mission de continuité et d’extension du corps familial qui nous a précédés et dont nous sommes issus.
Or ce qui est réellement intéressant dans le travail d’Ehrenberg, c’est la mise en évidence de la peur que suscite l’autonomie et les dangers qu’elle pourrait représenter pour la démocratie. Utiliser les discours analytiques pour en rendre raison est selon lui l’un des moyens de mettre en scène cette inquiétude. L’hypothèse que la psychanalyse, ou du moins ses débats, est aussi une mise en scène de ces questions reste toutefois impensée.
L’attaque-fuite figure donc ici un comportement stratégique assez largement raisonné. Isabel Menzies-Lyth (2002), à ce sujet, pourrait considérer cette réaction des étudiants comme pertinente au regard du fonctionnement institutionnel et de l’objectif de chacun en groupe, donc comme du travail. Rappelons que l’affirmation de Bion, ici et là, selon laquelle tout groupe fonctionne selon une hypothèse de base ne correspond pas à l’observation des groupes de travail au sein desquels la coopération est réalisée sans beaucoup de problèmes, même si des anxiétés diverses les traversent. De ce point de vue, le reproche récemment adressé par Dejours (2012) à Freud selon lequel, en ne se penchant que sur deux groupes très particuliers et fortement hiérarchisés – l’Église et l’Armée – il aurait négligé la dimension créative des collectifs, a donc pour parallèle celui que l’on peut adresser à Bion au regard de la portée, prétendue générale, de sa théorie.
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